
Le chien le moins intelligent, selon les critères de Stanley Coren, est le Lévrier afghan, qui nécessite plus de 80 répétitions pour comprendre un nouvel ordre et n’obéit qu’une fois sur quatre. Cependant, cette perception de « bêtise » est souvent due à leur indépendance et à leur instinct, car ces races ont été sélectionnées pour des tâches où elles devaient agir seules. D’autres chiens, comme le Basenji et le Bulldog anglais, illustrent également cette idée, montrant que l’intelligence canine est multiple et dépendante de l’environnement et de l’éducation. Au final, chaque chien possède des aptitudes uniques qui méritent d’être comprises et respectées.
Les critères d’évaluation de l’intelligence canine
Alors, comment on mesure l’intelligence d’un toutou ? C’est la grande question ! Souvent, on se réfère aux travaux d’un certain Stanley Coren, un chercheur qui a bien secoué le monde canin dans les années 90. Il a interrogé plus de 200 juges spécialisés en concours d’obéissance pour classer près de 130 races. Son idée ? Évaluer ce qu’il appelle l’intelligence de travail et d’obéissance. En gros, c’est la capacité d’un chien à apprendre des ordres et à y répondre vite et bien.
Mais attention, c’est juste une facette du diamant ! Coren lui-même distingue trois types d’intelligence. Il y a l’intelligence instinctive (ce pour quoi la race a été créée, comme le flair du Beagle) et l’intelligence adaptative (la capacité à résoudre un problème tout seul, comme ouvrir une porte). Le classement se concentre surtout sur la troisième, celle qui nous arrange bien pour l’éducation de tous les jours. C’est un bon indicateur, mais ça ne dit pas tout sur la machine formidable qu’il y a dans la tête de votre compagnon !
Le lévrier afghan : un charmeur pas si futé
Et le grand gagnant de la dernière place est… le Lévrier afghan ! Selon l’étude de Coren, ce magnifique chien serait le cancre de la classe. Les chiffres sont assez parlants : il lui faudrait plus de 80 répétitions pour comprendre un nouvel ordre. Et même une fois appris, il n’obéirait que dans moins de 25 % des cas. On pourrait croire qu’il a la tête vide, mais ce n’est pas si simple.
En réalité, ce grand élégant est surtout un esprit libre. C’est un peu le chat du monde canin. Il a été sélectionné pendant des siècles pour chasser en toute autonomie dans les montagnes d’Afghanistan, en prenant ses propres décisions. Il n’a pas été programmé pour attendre nos directives. Alors, est-il bête ou juste incroyablement indépendant ? Pour moi, la réponse est claire. Il a son propre avis, et il faut le respecter. C’est un chien magnifique, mais il faut savoir à quoi s’attendre !
Le basenji : le chien qui n’aboie pas
Juste derrière l’Afghan, on trouve ce petit curieux qu’est le Basenji. Originaire d’Afrique, c’est une des races les plus anciennes du monde. Sa particularité ? Il n’aboie pas, il émet une sorte de son entre le gloussement et le yodel, c’est assez unique ! Côté intelligence de travail, il est aussi considéré comme un élève distrait. Il a tendance à n’en faire qu’à sa tête.
Comme pour le Lévrier afghan, il faut regarder son histoire pour comprendre. C’est un chasseur primitif qui devait se débrouiller seul dans la brousse. Cette indépendance est gravée dans ses gènes. Il est très intelligent pour survivre et pister, mais beaucoup moins pour faire le beau sur commande. C’est un compagnon vif, joueur, mais qui demande un maître qui comprenne son besoin d’autonomie.
Le bulldog anglais : un compagnon placide
Ah, mon gros pépère de Bulldog anglais ! Avec sa bouille renfrognée et son allure de petit tank, on craque tous. Mais côté obéissance, ce n’est pas le plus rapide. Il se classe aussi dans le bas du tableau. La raison est simple : la motivation ! Pourquoi se fatiguer à répéter un ordre quand on peut faire une bonne sieste ?
Le Bulldog n’est pas bête, il est pragmatique. Il a été transformé, passant de chien de combat à chien de compagnie. Aujourd’hui, son principal talent, c’est d’être un membre de la famille calme, affectueux et incroyablement patient avec les enfants. Il ne gagnera pas de concours d’agility, c’est sûr, mais il gagnera votre cœur avec sa loyauté et sa douceur. Il faut juste trouver la bonne motivation pour le faire bouger… souvent, une friandise suffit !
Le Chow Chow : indépendant et têtu
Le Chow Chow, avec sa crinière de lion et sa fameuse langue bleue, est un chien qui ne laisse personne indifférent. Il a une réputation de chien distant, voire têtu, et son classement en matière d’obéissance le confirme. Il peut être difficile à éduquer car il a un caractère bien trempé et une nature très indépendante.
C’est une race très ancienne, utilisée en Chine pour la garde, la chasse et la traction. Il était habitué à prendre des initiatives. Il est très loyal envers sa famille, mais peut se montrer méfiant avec les étrangers. Il ne cherche pas forcément à plaire à tout prix, ce qui complique l’apprentissage des ordres. Avec lui, il faut construire une relation de respect mutuel. Il obéira par confiance, pas par soumission.

Le basset hound : un flair exceptionnel mais distrait
Voilà un parfait exemple de l’intelligence instinctive ! Le Basset Hound, avec ses longues oreilles et son regard triste, est une véritable machine à pister. Son flair est l’un des plus développés du règne canin, juste après celui du Chien de Saint-Hubert. Il est capable de suivre une piste vieille de plusieurs jours sur des kilomètres.
Alors pourquoi est-il mal classé ? Justement à cause de ce nez incroyable ! Quand un Basset flaire une piste intéressante, le reste du monde disparaît. Vos appels, vos ordres… tout ça passe au second plan. Il n’est pas désobéissant par plaisir, il est juste complètement absorbé par sa mission. C’est un spécialiste dans son domaine, mais ce domaine, c’est le pistage, pas l’obéissance académique.
Le beagle : curieux mais difficile à dresser
Le Beagle, c’est un peu le cousin énergique du Basset. C’est un chien joyeux, sociable et très populaire dans les familles. Mais tous ceux qui en ont un vous le diront : son éducation peut être un vrai défi ! Tout comme le Basset, le Beagle est gouverné par son flair. C’est un chien de meute, élevé pour la chasse à courre.
Son instinct le pousse à suivre les odeurs sans se poser de questions. Cette concentration sur les pistes olfactives le rend souvent sourd aux appels de son maître. On ne peut pas lui en vouloir, c’est dans sa nature. Il faut beaucoup de patience, de la cohérence et des récompenses très alléchantes pour réussir à capter son attention et lui apprendre les bases.
Le mastiff : un géant au grand cœur
Le Mastiff est une force tranquille. Ce géant impressionnant est un chien d’une grande douceur et d’une loyauté sans faille. Il est souvent perçu comme lent à la détente, ce qui lui vaut une place dans le bas du classement. Il peut prendre son temps pour analyser une situation et répondre à un ordre.
Mais cette lenteur n’est pas un manque d’intelligence. C’est un chien de garde et de protection. Son rôle n’est pas de réagir au quart de tour, mais d’être un gardien calme et dissuasif. Il est réfléchi et posé. C’est un compagnon formidable qui demande une éducation en douceur, sans jamais le brusquer. Une fois qu’il a compris ce que vous attendez de lui, c’est un ami pour la vie.
Le shih tzu : un petit chien royal
Le Shih Tzu, ou « chien lion », était le favori des empereurs chinois. Et ça se voit ! Ce petit chien a été sélectionné pendant des siècles pour une seule et unique mission : être un adorable compagnon de salon. Il n’a jamais eu besoin de chasser, de garder un troupeau ou de tirer un traîneau. Son travail, c’est d’être beau et de recevoir des caresses.
Forcément, quand on le soumet à des tests d’obéissance, il ne brille pas. Apprendre des ordres n’est tout simplement pas sa priorité. Il préfère de loin interagir avec ses humains et se faire pomponner. Il est intelligent à sa manière : il sait parfaitement comment obtenir ce qu’il veut avec son charme. Le qualifier de « bête » serait une erreur, il est juste spécialisé dans l’art de la compagnie.
Le Borzoï : élégant mais distant
Le Borzoï, ou Lévrier russe, est un autre de ces magnifiques lévriers au caractère bien affirmé. Élevé par l’aristocratie russe pour la chasse au loup, il devait être capable de poursuivre sa proie sur de longues distances et de prendre des décisions rapides sans l’aide de l’homme. Cette histoire a forgé son tempérament.
Comme l’Afghan, le Borzoï est un penseur indépendant. Il peut paraître distant et peu enclin à obéir aux ordres répétitifs qui n’ont, selon lui, aucun sens. Il est sensible et intelligent, mais il faut gagner son respect. L’éducation doit être basée sur la complicité plutôt que sur l’autorité. C’est un compagnon calme et digne, qui choisit quand il a envie de coopérer.
Pourquoi ces races sont-elles perçues comme moins intelligentes ?
Le point commun de tous ces chiens, vous l’avez compris, c’est souvent l’indépendance. Beaucoup ont été créés pour des tâches où ils devaient se débrouiller seuls : les lévriers pour la poursuite à vue, les chiens de chasse pour suivre une piste, les chiens de garde pour évaluer une menace. Ils n’ont pas été sélectionnés pour leur volonté de plaire à l’humain, contrairement à un Border Collie ou un Golden Retriever, qui sont de vrais partenaires de travail.
Ce qu’on appelle « têtu » ou « bête » n’est souvent qu’une mauvaise interprétation de leurs instincts profonds. Un Basset qui suit une piste n’est pas désobéissant, il fait ce pour quoi des générations de ses ancêtres ont été sélectionnées. Le classement de Coren mesure une forme d’intelligence très spécifique, très « scolaire ». Il ne prend pas en compte la capacité d’un chien à lire nos émotions, à résoudre un problème par lui-même ou à exceller dans sa fonction d’origine.
L’importance de l’éducation et de l’environnement
C’est là que j’interviens en tant qu’éducateur ! La génétique, c’est une chose, mais ça ne fait pas tout. Des études montrent que l’intelligence d’un chien dépend à environ 51 % de ses gènes et à 49 % de son environnement, de son éducation et de ses expériences. C’est énorme ! Ça veut dire que vous avez un rôle crucial à jouer.
Même un Lévrier afghan peut apprendre le « assis ». Ça prendra juste plus de temps et de patience qu’avec un Berger allemand. La clé, c’est toujours la même : l’éducation positive. Il faut trouver ce qui motive le chien. Pour ces races indépendantes, c’est rarement la simple envie de nous faire plaisir. Il faut utiliser des récompenses de grande valeur : des friandises exceptionnelles, le jeu, des encouragements joyeux. Mon Staffie Bronco est d’une race réputée intelligente, mais sans un travail quotidien, il n’aurait rien appris. Chaque chien, quelle que soit sa race, a besoin d’un cadre clair et bienveillant pour s’épanouir.
Chaque chien a ses qualités uniques
Au final, ce classement est intéressant, mais il ne faut surtout pas le prendre au pied de la lettre. Il n’existe pas de chien « bête ». Il n’y a que des chiens avec des aptitudes différentes. L’intelligence est multiple, chez les chiens comme chez les humains. Le chien le plus intelligent du monde ne sera pas le bon chien pour vous s’il ne correspond pas à votre mode de vie.
Un Border Collie, premier de la classe, sera profondément malheureux dans un petit appartement sans travail mental et physique. À l’inverse, un Bulldog anglais sera le plus heureux des chiens en passant ses journées à vos pieds. Le plus important, c’est de choisir une race dont le caractère et les besoins correspondent aux vôtres. Aimez votre chien pour ce qu’il est, avec son caractère, ses manies et son intelligence propre. C’est ça, la vraie clé d’une relation réussie !




